Marc Vella sur la route, sans son piano

Marc Vella sur la route, sans son piano

Mes rencontres

7 juillet 2016

… mais c’est bien parce qu’il a accepté de se prêter à l’interview en voiture ! Le temps d’une petite balade, j’ai découvert un auteur  humaniste qui fait l’éloge de la fausse note et nous incite à incarner la délicatesse. Pour que la musique de la vie ne s’arrête pas de jouer.

Transcription de l’interview

**Barbara :**

Moi aussi, ça me fait vraiment plaisir de t’accueillir ici chez nous dans le Sundgau, avec cette belle chaleur, parce que tu as vraiment un message tout à fait singulier, spécifique à délivrer.
Tu parcours le monde depuis plus de 30 ans maintenant avec ton piano à queue et tu improvises des concerts là où tu es.
Tu es aussi auteur, conférencier, enfin VO, et moi, aujourd’hui, j’aimerais beaucoup te parler du dernier livre que tu as écrit : *La Clé d’être*. 
Dans ce livre, *La Clé d’être*, tu fais l’éloge de la fausse note. Justement, tu dis que l’une des clés pour y arriver, c’est d’accepter notre imperfection.

**Marc Vella :**

D’abord, on n’a pas le choix, nous sommes des êtres par nature imparfaits, défaillants.
On se rend compte qu’on passe notre vie à essayer de prouver le contraire, et ça, c’est une souffrance, une grande souffrance.
On se sent coupable presque d’être justement pas au top, pas performant, d’être parfois dissonant.

**Barbara :**

Comme je te disais tout à l’heure, moi, en tant que femme, et j’ai beaucoup d’internautes féminines qui me suivent, on essaie justement de tout concilier à la perfection : une bonne maman, une bonne épouse, une femme accomplie, une professionnelle, etc.
Donc c’est vrai, c’est très souffrant.

**Marc Vella :**

Alors, c’est une exigence qui est noble, effectivement, elle est toute à fait compréhensible, mais elle se fait dans la souffrance.
Il y a un prix, qui est celui de la santé finalement bien souvent, et celui de la joie.
On finit par perdre la joie.
Donc il faut vraiment intégrer l’idée fondamentalement que nous sommes des êtres faillibles, que nous sommes des êtres vacillants, avec des peurs.
Moi, je reste convaincu qu’on peut avoir du coup une prise sur ses travers, mais une prise positive, qui n’est plus dans la culpabilité mais qui va être dans quelque chose qui va être de l’ordre de l’accueil de soi, un accueil en tendresse, qui va nous amener plutôt à nous agrandir plutôt qu’à nous étiqueter.

**Barbara :**

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui se trouve un peu démuni, qui n’a pas forcément d’outils pour y arriver ?

**Marc Vella :**

Voir vraiment le verre à moitié plein, déjà, c’est vraiment.
Il faut changer son regard, changer de regard, et rentrer dans une attitude, je dirais, de malgré tout, de gratitude, de gratitude oui.
Plutôt que de nourrir une sorte d’insatisfaction qui va conduire la personne à quelque part à la conduire hors d’elle-même et à chercher des choses à l’extérieur, alors que tout est dedans, tout est dedans.
Donc déjà, vraiment, ça c’est fondamental.
Arrêtez de se plaindre.
D’accord, la fausse note, ben oui, arrêtez de vous positionner en victime.
Les fausses notes de la vie, elles sont inévitables.
Je me positionne en victime tant que je rejette la fausse note, tant que je culpabilise, que je condamne, que je refuse, eh bien, j’arrête la musique.

**Barbara :**

C’est ça.

**Marc Vella :**

C’est ce que nous disent les compositeurs, finalement, quelque part.
Les compositeurs, ils racontent en musique l’histoire humaine, ils racontent nos dissonances, ils racontent nos peurs.
Jamais vu comme ça ?
Ils racontent le désespoir.
Et quand effectivement il y a une dissonance, une fausse note qui arrive, qui va briser l’harmonie, eh bien, on n’a jamais vu une partition qui s’arrête.
Il va amener la fausse note petit à petit vers ce qu’on appelle une solution harmonique, il va donner du sens à la partition.
Il n’y a pas d’autre aventure, Barbara, dans la musique de la vie, dans la vie, que celle-ci : celle d’accueillir les fausses notes et de les rendre magnifiques.

**Barbara :**

Tu parles beaucoup justement dans ton livre de l’enseignement et du fait qu’à l’école, on n’apprend pas aux enfants à être, on leur parle d’autres personnes, d’autres situations, des savoirs à acquérir, mais on ne leur apprend pas non plus à faire des fautes, puisque les fautes sont sanctionnées.
Donc ils ne les font que quand ils en font.
Effectivement, comme tu viens de le dire, elles sont sanctionnées, donc l’enfant rentre chez lui en se sentant coupable, voilà, de ne pas avoir su, ou de s’être trompé, alors que l’erreur, comme disait La Dage, est humaine, elle fait partie de la nature de ce que nous sommes.
Mais non seulement ce n’est pas une tare d’être défaillant, d’être insuffisant, ce n’est pas une tare, c’est notre nature, et on essaie d’éradiquer cette nature.
Donc non seulement ce n’est pas une tare, c’est notre nature, mais en plus, je dirais que c’est même une chance.

**Marc Vella :**

Oui.

**Barbara :**

Dans le livre, tu t’es beaucoup appuyé sur le mythe d’Icare, c’est Icare, et Narcisse.
On se rend compte que finalement ce pauvre Narcisse, qui a le tort de s’aimer…

**Marc Vella :**

Oui.

**Barbara :**

Mais en fait, ce n’est pas un tort de s’aimer, c’est magnifique.
On devrait tous, moi je trouve qu’on devrait tous être narcissiques.
Ce n’est pas mal d’être narcissique, c’est super.
D’ailleurs, c’est ce que dit Jésus, il dit : aime-toi, aime-toi, donc il faut s’aimer !

**Marc Vella :**

Non, la clé, moi je crois qu’elle est, il faut être narcissique, mais la clé, c’est quoi ?
Eh bien, à la différence de Narcisse : ne garde pas ta beauté pour toi, mais offre-la aux autres, offre-la aux autres.
C’est ça la clé.
Tu es un être considérable, c’est ce qu’on devrait dire à nos enfants : tu es un être unique, tu ne te répéteras pas dans l’histoire de l’Univers, tu es un être irremplaçable, précieux.
L’autre qui est à côté de toi l’est tout autant, ce n’est pas un danger, ce n’est pas un ennemi, ce n’est pas quelqu’un qui peut prendre, non, on n’est pas en compétition.
Non, ce n’est pas l’exigence de la perfection qu’il nous faut incarner, c’est l’exigence, pour moi, de la délicatesse, voilà, qui induit pour moi l’excellence.

**Barbara :**

Mais il y avait aussi, alors, l’autre pilier, je dirais, de notre culture : c’est Icare, et tout le monde a envie de voler.
Qu’est-ce que ça signifie, voler ?

**Marc Vella :**

Ça veut dire s’accomplir.
Mais là aussi, la clé c’est quoi ?
Bah, quand tu as trouvé tes ailes magnifiques, mets-les au service des autres.

**Barbara :**

Ouais, c’est d’accord, d’accord.

**Marc Vella :**

Et l’être agissant n’a plus besoin de voler, hein, parce que quand il agit de cette façon, c’est le ciel qui veille, il y a quelque chose là de l’ordre du sacré qui invite l’autre au déploiement.
Nous sommes là pour ça.

**Barbara :**

Eh bien, Marc, je te remercie beaucoup pour tous ces éclaircissements.
Est-ce que tu aurais quelque chose à rajouter ?

**Marc Vella :**

En tout cas, l’une des grandes clés, je crois, pour moi c’est la tendresse.

**Barbara :**

Une très belle chanson : on ne peut pas vivre sans tendresse. C’est de Marie Laforest, non ?

**Marc Vella :**


Des seigneurs et des princesses, y’en a plus beaucoup.
Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas,
Non, non, non, non, on ne le pourrait pas

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Barbara Reibel Coach Happiness

Barbara Reibel

Coach Happiness, Formatrice, Autrice et Blogueuse
Fondatrice du site Happiness Factory et des blogs En 1 mot & Humour Me By Barbara 

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Humeur d’une digital mother au bord du burn-out entre z’Homme et ses trois greffons

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